Mariages indiens

Assister à un mariage en Inde est une expérience absolument magique.

Lors de mon dernier séjour en Inde (de novembre 2019 à février 2020), j’ai eu la chance d’être invité à deux mariages et à une cérémonie de fiançailles.

Toutes ces couleurs, ces odeurs, ces saveurs, ces traditions resteront à jamais gravées dans ma mémoire.

Merci à Priyanshi et à Piyush de m’avoir invité jusque dans les coulisses des événements. Merci aux mariés et à leurs familles pour leur immense générosité. Merci de m’avoir fait vibrer en me laissant être non seulement témoin, mais aussi acteur de ces cérémonies.

Spoiler : l’Inde est un pays merveilleux. Il s’agit sans aucun doute de l’un des pays qui m’a le plus marqué, l’un des pays que j’aime le plus, l’un des pays où j’ai le plus appris. J’y ai été deux fois et j’y ai passé plusieurs mois. Je n’attends qu’une chose : y retourner. Néanmoins, cet article se veut aussi honnête et critique que possible, j’y parlerai de la beauté comme de la cruauté qui entourent les mariages sur le sous-continent. Cet article ne détient pas la vérité universelle, mais il est le fruit de nombreuses recherches et de nombreux échanges avec mes amis indiens.

Mariage arrangé ou union désirée ? Un sujet complexe

Pas besoin d’être devin pour comprendre qu’ici l’amour est bien présent

L’année dernière j’ai eu la chance d’habiter avec un ami indien.

Mon ami avait, à bien des égards adopté le mode de vie des étudiants français.

Ensemble, nous avons passé de longues soirées à discuter des différences culturelles entre nos deux pays. Vous vous en doutez, le sujet du mariage arrangé a suscité de nombreux débats lors de nos échanges.

À cette époque, mon avis sur la question était très tranché : il était pour moi absolument impensable d’imposer à une femme ou à un homme d’épouser telle ou telle personne pour satisfaire les désirs de ses parents.

J’ai été élevé dans une culture qui se veut être égalitaire et dans laquelle cette pratique n’est plus qu’un lointain souvenir.

Par ailleurs, l’idée que l’on puisse forcer quelqu’un à passer le reste de sa vie avec quelqu’un d’autre m’était tout simplement insupportable.

Je ne comprenais pas de quel droit, des parents disposaient ainsi de leurs enfants pour entretenir leur propre réputation ou profiter d’avantages financiers.

De mon point de vue d’occidental, la liberté de se marier (ou pas) avec la personne de son choix était une liberté fondamentale.

Mes autres colocataires – deux étudiantes – étaient d’accord avec moi.

De son côté, mon ami indien dédramatisait la situation en nous parlant de ses connaissances qui se sont marié(e)s sans choisir leur partenaire et qui depuis vivent une vie très heureuse.

Parmi ses arguments se trouvaient un argument tristement imparable : comment est-ce que la liberté de choisir son mari ou sa femme garantirait bonheur, épanouissement et sécurité ? N’est-il pas vrai qu’en France, près de la moitié des couples mariés finiront par divorcer ? N’est-il pas vrai que la violence conjugale est – ici aussi – un véritable fléau ? Comme l’énonce cet article rédigé par ONUFEMMES : « À l’échelle européenne, c’est l’Allemagne qui compte le plus de victimes tuées par un conjoint ou ex-conjoint. En effet, selon le dernier rapport de l’Eurostat, l’Allemagne compte 189 femmes tuées en 2017. Derrière elle, la France avec 123 meurtres […] »

Ainsi, sur le plan philosophique, la question est complexe.

En Inde, la condition de la femme est déplorable (voir ci-dessous « La condition de la femme en Inde »). Pour autant, bien que la tradition des mariages arrangés soit perçue en France comme une abomination et une atteinte aux libertés fondamentales de la femme, rien ne prouve que, si une femme est maltraitée, elle l’est uniquement parcequ’elle n’a pas choisi son mari.

Malheureusement, l’Inde est une société hyper-patriarcale. De ce fait, les hommes ont tous les droits dont celui (non exprimé par la loi mais bien réel) de disposer de leur épouse de la façon qui leur plaira. Harcèlement moral, viols et féminicides ne sont pas des faits isolés en Inde (à Delhi on compte un viol toutes les 8 secondes).

Dans ce contexte, un homme amoureux ayant épousé sa femme en disposant de son consentement le plus sincère pourra, à tout moment devenir violent. Qui l’en empêchera ? La police, les juges, son entourage seront de son côté.

De la même manière, un homme ayant épousé sa femme dans le cadre d’un mariage arrangé pourra se comporter en parfait prince charmant.

Tout dépendra des modèles observés par le mari (est-ce que les hommes battaient les femmes dans sa famille ou pas), de sa culture, de ses valeurs, de son niveau d’éducation, de sa personnalité, de son équilibre psychologique et de bien d’autres facteurs …

La question est donc plus compliquée qu’elle n’en a l’air.

La condition de la femme en Inde

Comme l’explique cet article du journal Ouest France , l’Inde est le pays du monde où il est le plus compliqué de vivre en étant une femme.

Dans les familles les plus pauvres, les petites filles sont parfois tuées à la naissance.

Les parents préfèrent commettre un infanticide que de devoir s’acquitter d’une somme qui les endetterait à vie.

NB : officiellement, cette pratique est interdite par la loi depuis 1961.

Pourtant, comme l’indique ce blogueur (un ingénieur indien) la pratique est toujours courante.

À Bombay, les familles avec qui j’ai échangé à ce sujet (des familles aisées et éduquées) ont été catégoriques : la dote n’est plus qu’un lointain souvenir, surtout chez les familles occidentalisées. En dehors de Bombay, on m’a assuré le contraire.

Dans tous les cas, après le mariage, la femme part vivre chez son mari avec sa belle famille. C’est parfois la première fois que la jeune mariée vit loin de sa famille.

Le mariage inter-caste : mythe ou réalité ?

Est-il possible de se marier avec quelqu’un d’une autre caste ?

Là encore, les inégalités sont très fortes. Les familles les plus ouvertes d’esprit et les familles occidentalisées sont plus à même d’accepter que leur fils ou leur fille épouse quelqu’un d’une autre caste. Notez qu’il n’y a pas toujours de corrélation entre le niveau de vie et la position des parents quant au mariage inter-caste.

Là encore, la loi protège de ce genre de discriminations qui institutionnalisent la reproduction sociale et les inégalités tout en empêchant des couples amoureux d’officialiser leur relation.

Un de mes amis est intouchable. Il est depuis plusieurs années en couple avec une jeune Brahmane. Les parents de sa copine s’opposent catégoriquement à ce mariage qu’ils considèrent comme une source de déshonneur.

Dans d’autres familles cela est possible mais c’est loin d’être courant.

NB : alors même que je rédigeais cet article, une amie indienne qui vit en France m’a avoué qu’ici, elle se sentait plus libre qu’en Inde d’avoir un copain d’une autre religion.

Le mariage inter-religion : mythe ou réalité ?

En théorie c’est impossible. Pour certaines familles, ce type de mariages serait « pire » encore que les mariages inter-caste. En pratique, cela arrive. J’ai rencontré un couple hindou-musulman. La femme était musulmane tandis que l’homme était hindou. Cela n’est donc pas impossible, mais c’est très compliqué (pour pouvoir se marier, ce couple a du s’enfuir et se marier sans le consentement de leurs parents).

Près de 40 ans plus tard, ils sont toujours ensemble, toujours heureux et ils ont deux enfants.

Comment sont arrangées les rencontres

Dans certaines familles, les rencontres sont organisées avec ou sans le consentement de la jeune femme. Le prétendant est invité avec sa famille chez la famille de la jeune femme.

Souvent, la femme peut refuser un prétendant.

Dans d’autres cas, les parents font savoir à leur réseau qu’ils « cherchent quelqu’un pour leur fils/fille ». Ils vantent les mérites de leur fils/fille et essaie d’arranger une rencontre avec un prétendant qui répondrait aux critères de la famille.

Voici ce que m’a dit un soir la mère d’une amie :

C’est comme Tinder ! Au lieu d’utiliser l’application, je connais quelqu’un qui a une fille à marier et je lui demande de proposer à sa fille de rencontrer mon fils. Ensuite, les choses se font naturellement s’ils se plaisent. Cela peut prendre plusieurs mois et aboutir ou non à un mariage.

Effectivement, présenté de la sorte ça fait un peu moins peur.

Le problème c’est que toutes les mamans indiennes ne sont pas aussi tolérantes qu’elle.

Les drames engendrés par les restrictions

Vous vous en doutez, il arrive souvent que deux personnes s’aiment sans faire partie de la même caste. « Pire » encore, certains couples ne partagent pas la même confession.

Dans certains cas, leurs familles préféreront arranger deux mariages et préserver leur honneur au détriment du bonheur de leurs enfants.

Parfois, les choses prennent des tournures dramatiques (dépressions, suicide …), parfois les amoureux continuent leur vie l’air de rien mais ils ne se remettent jamais totalement de cette frustration, parfois les couples continuent de fréquenter l’être aimé.

L’Inde et la communauté LGBT

L’homosexualité est l’un des très nombreux sujets tabous en Inde.

Jusqu’en 2018, l’article 377 du code pénal indien définissait l’homosexualité comme étant un crime passible de prison à perpétuité.

Aujourd’hui le mariage entre deux personnes du même sexe n’est toujours pas autorisé et le sujet reste sensible. De nombreux indiens et de nombreuses indiennes n’osent pas faire leur coming-out de peur des représailles.

Le mariage, l’événement de toute une vie : un événement qui doit impressionner

En Inde, le mariage constitue l’événement de toute une vie, un jour de gloire que les familles attendent pendant de longues années.

L’âge moyen pour se marier est de 25 ans dans les villes, il peut être bien plus bas dans les villages. Par ailleurs, la pression sociale est très forte : en Inde, lorsque l’on est en âge de le faire, il faut se marier.

Les familles indiennes sont parfois prêtes à tout pour (re)dorer leur réputation.

Le mariage constitue une parfaite occasion d’impressionner son entourage.

L’objectif n’est pas seulement d’offrir un somptueux mariage à ses enfants. Il est aussi d’organiser un mariage plus impressionnant que celui de son voisin.

C’est l’une des raisons qui explique la course au nombre d’invités.

Ainsi, la famille du marié du second mariage auquel j’ai assisté a commencé par me poser des questions sur le premier mariage auquel j’avais été invité. La première étant : « Combien y avait-t-il d’invités ? ». Lorsque j’ai répondu qu’il y avait entre 600 et 800 invités, ils se sont empressés de me dire avec enthousiasme que leur mariage à eux réunirait plus de 1500 personnes et qu’il serait bien plus impressionnant.

Chaque mariage doit donc être plus bruyant, plus coloré, plus original que celui du voisin, de l’ami ou du collègue. Vous vous en doutez : pour arriver à un tel nombre d’invités on invite aussi le collègue de l’ami du fils de la fille avec qui notre fille fait de la danse.

Le mariage d’un indien ne doit pas seulement être plus extravagant que celui de ses voisins, il doit aussi coûter plus cher.

L’argent est au centre de tous les mariages indiens. Il doit être visible. C’est l’un des éléments qui m’a le plus choqué lorsque j’ai participé aux festivités.

La famille du marié va jusqu’à lancer de l’argent par terre ou le donner d’une manière que j’ai trouvé aussi surprenante qu’humiliante aux musiciens (voir paragraphe sur le baraat).

Le cynisme de certains indiens face aux mariages

Comme évoqué plus haut, les familles des mariés dépensent plusieurs centaines de milliers, parfois plusieurs millions de roupies pour organiser cette journée. C’est une question d’honneur et de réputation. Or, dans un pays où de trop nombreuses personnes meurent de faim ou de maladies, il peut être très choquant de voir des familles qui plus est parfois pauvres et endettées dépenser sans compter.

Il faut aussi noter que traditionnellement, il n’est pas possible pour un homme et une femme d’avoir des rapports sexuels avant le mariage ni même de dormir dans le même lit.

Certaines personnes ne se marient donc que pour pouvoir légitimer leurs rapports sexuels.

Ainsi, un peu éméché , un proche du marié m’a demandé avec beaucoup de cynisme :

Alors, il te plait le mariage ? Tu t’amuses bien ? Tu trouves pas que ça fait quand même beaucoup d’argent de dépensé et beaucoup d’organisation pour permettre au couple de faire l’amour ? Parce que oui … en réalité, les jeunes ne se marient que pour ça.

Danses indiennes

Si vous regardez des films Bollywood, vous voyez très précisément de quoi je parle : des dizaines de danseurs et de danseuses qui dansent de manière synchronisée sur des musiques aussi kitsch qu’entrainantes.

Quelques jours avant le mariage à Bombay, j’ai été invité à une répétition générale chez le marié.

Les indiens sont d’incroyables danseurs.

Quel que soit le type de fête ou de cérémonie – soirée entre amis, mariage, soirée karaoke – mes amis ont toujours trouvé moyen de m’impressionner.

Vous êtes invités à une fête en Inde et les gens dansent autour de vous ? Pas de panique si vous ne connaissez pas les pas, il vous suffira d’écouter les paroles qui comprennent bien souvent un descriptif de la chorégraphie. Petit détail qui complique les choses : les paroles seront tantôt en hindi, tantôt en gujarati, tantôt en pendjabi …

Un événement divisé en cérémonies

Les mariages indiens durent plusieurs jours. Ils sont organisés en cérémonies appelées « fonctions ». Il n’existe pas de règle qui définisse le nombre maximum de fonctions mais plus le mariage comportera de fonctions, plus il durera longtemps, et plus il coûtera cher.

Chaque invité sera convié ou non à certaines fonctions en fonction de son niveau d’intimité avec les mariés.

Petite précision : chaque invité devra se changer entre chaque fonction. Il est très impoli de porter la même tenue tout au long d’un mariage. Dans certains cas, les invités se changeront donc 4,5,6,7 fois entre le début et la fin du mariage.

I L’enterrement de vie de garçons (bachelor party) – Pilhibit (UP)

Le second mariage auquel j’ai participé contrastait très fortement avec le premier.

Si à Mumbai (MH) j’ai eu la chance d’assister à l’union de deux familles aisées dans un contexte très moderne, à Pilhibit (UP) j’ai assisté à un mariage plus traditionnel.

Tout au long de la semaine, j’ai été invité à me rendre chez la famille du marié comme chez la famille de sa future épouse. Nous étions souvent des dizaines à entrer et à sortir de chez eux à toute heure du jour et de la nuit.

Après avoir passé une journée à faire du shopping, mon ami et moi nous sommes rendus chez le barbier.

Je ne m’y attendais pas mais ce moment qui peut sembler anodin allait lui aussi me réserver de nombreuses surprises.

Nous avons passé près de 3 heures chez le barbier (« seulement » 3 heures puisque mon ami avait indiqué à l’équipe que nous n’avions pas beaucoup de temps).

J’imagine déjà l’expression de surprise de ceux d’entre vous qui lisent ces quelques lignes : « 3 heures ? Mais qu’est-ce que vous avez bien pu faire pendant 3 heures ? »

Après nous avoir rapidement coupé les cheveux et taillé la barbe, le barbier a commencé à nous masser le crâne et à nous gommer le visage.

En Inde, les barbiers font aussi office d’esthéticiens et c’est pour cela et surtout pour cela qu’on leur rend visite.

Ce moment a pour moi été l’occasion d’expliquer à mon ami qu’il est plutôt rare qu’un homme européen se fasse gommer le visage dans son pays, et qu’en France, le barbier ne fait que tailler la barbe et couper les cheveux. Il était aussi surpris d’apprendre cela que je l’étais de découvrir la manière dont cela se passait chez lui.

Une fois notre tenue choisie et notre gommage terminé, nous nous sommes rendus à l’hôtel dans lequel s’est déroulé la fête.

L’idée que je me faisais de cette soirée était à mille lieues de la réalité.

Première surprise : l’alcool coule à flots

En Inde, le tabac est un sujet tellement tabou que mes amis – de jeunes adultes de 25 ans devaient se cacher pour acheter des cigarettes et les fumer.

Ils redoutaient le regard des passants qui pourraient les dénoncer à leurs parents et allaient se cacher jusque dans les zones les plus reculées de leur ville/village pour pouvoir fumer sans crainte d’être surpris.

Ayant été témoin de ce genre de scènes à de nombreuses reprises et connaissant l’aversion des musulmans et de certaines branches de l’hindouisme pour l’alcool, je ne m’attendais pas à trouver de l’alcool et encore moins dans ces proportions délirantes.

Dès les premières minutes, ce sont plusieurs caisses de bouteilles de whisky qui sont ouvertes pour environ une vingtaine d’invités.

Très vite, j’assiste à une véritable beuverie.

Pour les proches du marié, cette fonction est une parfaite excuse pour picoler.

Leur objectif : boire beaucoup et boire vite.

Je suis absolument médusé.

Dès la première heure certains vomissent, d’autres se disputent …

Je ne bois pas et cela frustre le marié qui cherche à me servir de force à plusieurs reprises sans comprendre que je n’apprécie que moyennement la plaisanterie.

À la fin de la fête je suis content de n’avoir pas bu et de pouvoir ramener mon ami. Tous les autres reprennent le volant ivres morts.

Les jours suivants, pendant le mariage, je remarque que les invités de moins de 30 ans se cachent aussi de leurs parents lorsqu’ils veulent fumer ou boire un verre d’alcool.

Deuxième surprise : la condition de la femme

Malgré cette première contrariété, je décide de danser avec mes amis et de discuter avec les invités.

L’un d’entre eux, plus jeune que moi, m’explique être marié depuis trois ans (il s’est donc marié à 20 ans).

Il me parle de son mariage et de sa femme avec qui il est très heureux.

Je lui demande ce qu’il préfère chez elle.

Sa réponse :

Quand je m’impose elle ne se la ramène pas, elle ne répond pas. Elle ne fait pas d’histoires. Elle obéit.

II Le baraat (Bombay & Pilhibit)

Le baraat est l’une des fonctions les plus importantes des mariages hindous en Inde.

Il s’agit d’une procession durant laquelle le marié surplombe la foule sur le dos d’un majestueux cheval.

NB : Dans les grandes villes, il se peut que le marié soit plutôt confortablement installé dans une voiture de luxe qui lui aura été offerte pour l’occasion.

Durant plus d’une heure, les proches du marié dansent accompagnés d’une fanfare.

Le cortège se déplace alors très lentement en direction de la salle dans laquelle se dérouleront les premières cérémonies.

Les amis et la famille du marié paient les musiciens d’une façon surprenante ; ils leur montrent des billets qu’ils feignent d’abandonner à plusieurs reprises avant de finalement s’en séparer. J’ai trouvé cette pratique humiliante. J’ai aussi constaté à plusieurs reprises que les invités lançaient des billets dans la foule.

Bonus : parfois, à la fin du baraat, le papa de la mariée négocie avec le marié. Les deux hommes se mettent d’accord sur une somme d’argent sans laquelle le marié ne descendra pas de sa voiture/de son cheval pour épouser sa fiancée. Cela se fait dans la bonne humeur et sous les regards amusés des invités.

III La remise des alliances et l’échange des cadeaux

Des heures durant, les mariés trônent sur une scène, d’abord seuls puis accompagnés de leurs frères et sœurs, parents, cousins directs et meilleurs amis.

Les deux familles s’offrent des cadeaux en tous genres (des corbeilles de fruits, des fleurs, des vêtements, des parfums, des montres, des bijoux et parfois même une voiture et ou une maison/un appartement).

Cadeau de mariage

Les parents des mariés offrent également des cadeaux aux invités dont ils sont proches (minimum cent personnes). Exemple ci-dessous : argent qui m’a été remis par la famille de la mariée à Pilhibit.

Bonus : les femmes tentent de cacher les chaussures du marié pendant qu’il est occupé sur scène. Les hommes essaient de les empêcher d’y arriver. Si le marié ne retrouve pas rapidement ses chaussures, il doit offrir une certaine somme d’argent aux jeunes femmes qui ont joué.

IV La marche autour du feu

Pour les jeunes mariés, il existe un rituel très important : les deux personnes qui s’unissent doivent allumer un feu et l’entretenir tout en écoutant le prêche du prêtre.

Par la suite, ils s’attacheront les chevilles et marcheront 7 fois autour du feu pour sceller leur union.

Il s’agit de l’une des parties les plus importantes du mariage, parfois elle a lieu en plein milieu de la nuit et seuls les invités les plus proches sont conviés.

La saison des mariages

La très vaste amplitude thermique, l’importance des mariages dans la société indienne et d’autres paramètres font qu’il existe officiellement une saison des mariages en Inde.

De la même manière que les européens ont plutôt tendance à se marier entre mai et août, les indiens eux célèbrent leurs unions entre novembre et mars.

Une autre différence majeure entre nos deux cultures et à noter : les cérémonies peuvent avoir lieu n’importe quel jour de la semaine.

En pleine saison des mariages il n’est pas surprenant de voir certains invités partir avant la fin d’une fonction ou entre deux fonctions pour se rendre à un autre mariage.

Là encore, ils devront impérativement se changer avant de rejoindre le second mariage.

Bonus

Un symbole très fort : l’échange de nourriture

En Inde, la nourriture est considérée comme un lien fort qui unit ceux qui la partagent.

Lors des mariages, un homme du côté de la mariée et un homme du côté du marié échangent de la nourriture pour symboliser l’union entre les deux familles. Ils placent directement la nourriture dans la bouche de l’autre personne.

Cérémonie du Mehndi (henné)

Aujourd’hui, de plus en plus d’hommes se font également colorer les mains.

Que j’entartasse, que tu entartasses …

Dans certains mariages, la tradition veut que le marié se fasse arroser de chocolat, de crème, d’œufs …

La famille commence parfois timidement.

Mais les amis se chargent de continuer plus efficacement.

Cette fois-ci Joshua, le marié a eu la bonne idée de serrer dans ses bras tous ses amis, moi compris. J’ai bien crû que j’allais devoir dire au revoir à la kurta * que j’avais achetée exprès pour cette fonction. Au final, les tâches sont parties et quand bien même. Que valent des tâches sur un vêtement face à d’incroyables souvenirs ?

* vêtement traditionnel

Danses et chants pour bénir la mariée

Éclairage de la maison du marié

Pour annoncer le mariage imminent du fils aîné de la famille, toute la famille s’est employée à décorer l’extérieur de la maison.

Chambre du marié (nouvelle chambre de la mariée) décorée pour leur première nuit ensemble

Ces symboles dont je n’ai jamais saisi la signification

La beauté et la complexité de l’Inde résident dans la multitude de traditions qui sont suivies par les différentes communautés. Chaque famille suivra des traditions différentes en fonction de son origine, de sa religion (et de la branche), des communautés auxquelles elle appartient.

Résultat : même lorsque j’ai demandé aux invités, il m’a été impossible de trouver quelqu’un qui puisse répondre à mes questions concernant les éléments ci-dessous.

N’hésitez pas à m’éclairer si vous reconnaissez quoi que ce soit qui m’échappe 🙂

N°1 – se faire couvrir le visage

Le père du marié couvre le visage des mariés

N°2 – toucher de petites boîtes du bout des orteils

N°3 – dissimuler ses mains sous un foulard lors de l’échange des alliances

Maintenant que vous savez tout ça, vous comprenez pourquoi les mariages ont le beau rôle dans les films Bollywood.

Et vous ? Vous avez déjà assisté à un mariage indien ? Cet article vous rappelle des souvenirs ? N’hésitez pas à le partager avec vos amis amoureux de l’Inde et à réagir en m’écrivant ou en laissant un commentaire.

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Shanti!

3 Replies to “Mariages indiens”

  1. Cet article est je pense le plus détaillé et passionnant que j’ai pu lire sur ton blog. Un véritable travail d’anthropologue sur une société tellement différente de la notre. Merci encore !

    Aimé par 1 personne

  2. Merci d’avoir relaté ton ressenti sur ces deux mariages avec nous. Autant de surprises auxquelles je n’étais pas prête! Ce pays et ses coutumes si particulières qui nous font vibrer. J’arrive à percevoir les émotions que tu as as pu ressentir… : en étant invité à ces mariages déjà… c’est une chance inouïe!!
    Encore bravo pour ce texte si bien écrit et éclairé.
    Continue de nous faire voyager autant que tu peux.

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