Voyage et coronavirus : le jour le plus long

En ce mois de mars 2020 je parcours l’Asie depuis presque six mois .

Parc national de Khao Sok dans le sud de la Thaïlande

Pourquoi je ne suis pas rentré plus tôt

Replaçons les événements dans leur contexte : cela fait déjà 3 mois que je voyage lorsque le virus COVID-19 commence à se propager en Chine. À ce stade, la maladie n’est pas encore reconnue en tant que pandémie par l’Organisation Mondiale de la Santé. De ce fait, aucune frontière n’est fermée, la liberté de circulation est totale en Asie du Sud-Est.

Après avoir parcouru l’Inde et le Sri Lanka, je poursuis mon voyage pour rejoindre la Thaïlande, pays que je rêvais de visiter depuis de nombreuses années.

J’atterris donc à Bangkok où la vie suit son cours. L’effervescence qui caractérise la capitale du Royaume de Siam est bien présente, les commerces et les marchés sont ouverts, les transports fonctionnent normalement.

Ce n’est que trois semaines plus tard que la situation évoluera en Italie, plongeant le pays que je chéris tant dans un chaos indescriptible.

Pendant ce temps, aucune mesure n’est prise en Thaïlande, certains voyageurs inquiets décident de rentrer chez eux, d’autres – plusieurs milliers – font le choix de rester au soleil tant que les frontières restent ouvertes, que les avions circulent et que les visas sont délivrés. Je fais partie de ceux-là.

Je n’aurais jamais pris la décision de commencer un voyage en pleine période d’épidémie, mais puisque j’ai le choix de rester et de profiter de la jungle et des plages paradisiaques loin des hordes de touristes qu’accueille habituellement la Thaïlande, je ne vois pas de raison de m’en priver.

Concrètement, rentrer signifiait passer d’un climat tropical (+42°) à l’hiver français, mais aussi passer d’un pays où la vie suit son cours à un pays où l’ensemble de la population est confiné.

Par ailleurs, les infrastructures médicales sont de bonne qualité en Thaïlande.

Je prends la décision de rester, mais je me lave les mains constamment, j’évite les foules et me tiens informé . Je lis la presse comme à mon habitude, je m’inscris sur Ariane et je demande l’avis d’autres voyageurs et d’expatriés via VoyageForum, Couchsurfing et Tourdumondiste.

Ma décision n’est pas improvisée.

Mardi 24 mars 2020 : le jour où tout a basculé

Mardi dernier, le Premier ministre thaïlandais a décidé de déclarer l’état d’urgence.

Les mesures prises et leurs dates d’entrée en vigueur seront annoncées publiquement le lendemain.

Des tarifs exorbitants

Je ne dispose alors que de quelques heures pour acheter mon billet de retour en France et passer les frontières avant leur fermeture.

L’annonce du ministre a fait l’effet d’une bombe auprès des touristes et voyageurs qui se sont précipités sur les billets.

Les vols sont complets en moins de dix minutes.

Je n’avais pas même le temps de saisir mon nom et mon prénom que je recevais déjà une notification annonçant que le vol qui m’intéressait était complet.

Les tarifs des billets ont augmenté minute après minute.

En temps normal, les vols Paris>Bangkok coûtent en moyenne 400 €.

Cette fois, j’ai vu des vols grimper jusqu’à 9000 €

De mon côté, je m’en sors bien. Je paie plus cher que 400 €, mais moins de 1000 € donc je m’estime plutôt chanceux.

Un itinéraire absurde, un voyage éreintant

Krabi -> Chiang Mai

À l’aéroport de Krabi j’apprends que je ne suis pas sur la liste des passagers et je suis obligé de racheter un billet (problème technique). En rachetant mon billet, je fais connaissance avec un couple d’Argentins qui ne parlent pas anglais. Ils me demandent de bien vouloir interpréter leur conversation pour les aider à acheter un billet vers Bangkok. Nous sympathisons rapidement et voyageons ensemble jusqu’à Bangkok où nous nous promettons de nous revoir. Cela tombe bien, je pensais aller en Argentine prochainement …

Chiang Mai -> Bangkok (BKK DMK)

L’unique solution que j’ai trouvée pour rejoindre la capitale consistait à suivre un itinéraire pour le moins surprenant.

Pour rentrer en Europe j’avais tout intérêt à décoller depuis un hub (Bangkok) pour pouvoir rebondir en cas d’annulation de mes vols et me trouver dans une grande ville si les frontières venaient à se refermer sur moi.

Tous les vols directs vers Bangkok étant complets, j’ai été dans l’obligation de voler jusqu’à Chiang Mai avant de revenir sur mes pas sur plus de 700 kilomètres en volant jusqu’à Bangkok.

Mon vol vers Bangkok atterrissait à l’aéroport de Don Mueang, mais c’est depuis l’autre aéroport que je devais décoller vers Moscou. J’ai donc été obligé de retraverser Bangkok.

Bangkok (BKK SVA) -> Moscou

À Bangkok l’aéroport de Suvarnabhumi est surpeuplé, la panique, l’angoisse et la tension sont palpables. Tout autour de moi les gens pleurent, les couples, les amis, les familles se disputent. Des voyageurs s’en prennent à un personnel débordé, les vols sont massivement annulés.

Vols massivement annulés au départ de Bangkok

Certains voyageurs portent des combinaisons, certains parents ont improvisé des masques pour leurs enfants en découpant des bouteilles d’eau. Toute cette agitation est surréaliste.

Touristes en combinaison à l’aéroport de Bangkok

La chance me sourit, mon vol est maintenu et je décolle vers Moscou après avoir attendu près de 5 heures. Je vole plus de dix heures avant d’arriver à destination.

Moscou -> Rome

Arrivé à Moscou, je passe 6 heures dans un aéroport désert.

Ici aussi, les vols sont annulés. Le vol à destination de l’Italie qui devait décoller 5 minutes avant le mien a été annulé.

Mon vol est maintenu, je passe une nouvelle fois entre les mailles du filet et j’embarque avec moins de dix autres passagers.

Rome -> Paris

Arrivé à Rome, je redécouvre Fiumucino, un aéroport que je connais très bien.

Au lieu de retrouver mes marques dans mon café préféré, je me retrouve dans un aéroport fantôme.

Aéroport de Rome FCO (Fiumicino)

Paris -> Rennes

Je reprends le train le lendemain après-midi.

J’arriverai finalement à destination après plus de 40 heures de voyage.

Et maintenant ?

Je ne regrette pas d’être resté jusqu’au dernier moment et je m’estime chanceux d’avoir pu fouler les sentiers de la forêt tropicale et les plages de sable blanc sans être dérangé par qui que ce soit. J’ai pu profiter de la nature dans des conditions absolument exceptionnelles.

De retour en France plus tôt et plus brutalement que prévu, je me concentre sur mes prochains objectifs. Je mets mon temps à profit en faisant du sport, en travaillant et en préparant la suite de mes études comme mes prochains voyages.

Ces Français qui sont toujours bloqués à travers le monde

Au moment où je publie cet article, près de 30 000 Français sont bloqués à l’étranger. En Asie comme en Amérique, ils sont victimes de xénophobie.

À ceux qui me liront : bon courage, tenez bon ! Si certains d’entre vous veulent témoigner et raconter leur quotidien, vous pouvez me contacter par message privé ou sur Twitter.

Et vous ? Vous avez envie de voyager par procuration en cette période de confinement ? Vous rêvez déjà du voyage que vous pourrez faire après ce mauvais rêve ? Abonnez-vous gratuitement en haut à droite du site et soyez informé(e) de chaque nouvelle publication (désinscription en un clic).

À venir sur le blog : récits de voyage en Inde, au Sri Lanka et en Thaïlande, bilan du voyage de mes rêves et tests d’applications utiles en voyage. Je vous parlerai des mariages indiens, d’Histoire, de traditions.

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