Au cœur des langues : de l’émotion à la conversation

Parler une langue étrangère c’est ouvrir une porte : une porte vers une nouvelle culture, de nouvelles rencontres et de nouveaux savoirs.

Existe-t-il un secret qui permette aux polyglottes d’apprendre plus rapidement que l’apprenant moyen ? Une méthode qui permette d’augmenter son efficacité de manière significative ?

Non, car l’apprentissage d’une langue dépend de très nombreux facteurs (qui seront évoqués lors de prochains articles). En revanche, il y a bel et bien une affirmation que vous pourrez entendre de la part de n’importe quel amoureux des langues : apprendre en s’amusant est l’une des clés de la réussite.

C’est aussi la conclusion à laquelle est arrivée Lýdia Machová après avoir fréquenté des centaines de personnes capables de passer sans le moindre problème d’une langue à une autre :

« La chose que nous avions tous en commun est que nous réussissions à nous amuser en apprenant. »

Spoiler alerte : la vie est plus agréable lorsque l’on est bien entouré(e).

Avez-vous déjà rencontré des couples formés par deux personnes de nationalité différente ? Les deux personnes finissent par obtenir un niveau très élevé dans la langue de leur conjoint. Si on prend le temps d’y réfléchir, cela est parfaitement logique : ces personnes ont appris une langue par amour et l’ont pratiquée au quotidien, attirées par la récompense de pouvoir mieux comprendre l’autre, sa famille et sa culture.

Le phénomène se transcrit également aux autres types de relations humaines.

Vivre à l’étranger : une solution imparable ?

On dit souvent que vivre à l’étranger est également une méthode imparable. Je suis d’accord, mais je tiens à nuancer ce propos. N’avez-vous jamais rencontré un étudiant ou une étudiante qui, de retour d’un semestre ou d’une année à l’étranger ne parlait pas mieux la langue du pays dans laquelle il ou elle avait vécu pendant de nombreux mois ?

La capacité d’une personne à progresser dans une langue étrangère en immersion totale dépend essentiellement de sa personnalité.

Les étudiants qui ne progressent pas sont très souvent les étudiants qui pour diverses raisons ont fait le choix de passer le plus clair de leurs temps avec d’autres français.

Interrogez ceux qui ont progressé et je vous garantis que c’est bel et bien des émotions, des souvenirs forts, des expériences, des peines, des joies, des réussites qu’ils évoqueront.

Le premier parlera de sa petite amie allemande, le second de son meilleur ami russe, le troisième de la déception qu’il a eu en apprenant qu’il n’avait pas le niveau d’espagnol requis pour prendre part à une pièce de théâtre.

Qu’ont-ils en commun ? Ils ont tous les trois vécus des émotions en langue originale.

Vivre à l’étranger oui, mais vivre quoi ? Telle est la question.

Rire, pleurer, rêver avec des amis d’une autre nationalité sont de formidables moyens de progresser.

J’invite les plus sceptiques d’entre vous à se référer aux recherches menées par Jean François Michel « Les 7 profils d’apprentissage » Ed.Eyrolles 2005, 2013.

Envie de faire le test de l’autre côté de l’écran ? Rien de plus simple, essayez simplement de penser à ce que vous faisiez le soir des attentats du 11 septembre ou le soir des attentats contre le bataclan ?

Je suis prêt à parier que vous visualisez très clairement ces moments.

Revenons maintenant aux émotions positives : en les multipliant lors d’un séjour à l’étranger, vous allez stimuler votre cerveau et votre mémoire.

Personnellement, je me souviens très précisément de chaque situation durant lesquelles j’ai appris un nouveau mot dans une langue donnée et de chaque personne grâce auxquelles j’ai découvert ces mêmes mots.

De là à dire que la sensibilité est un atout lorsqu’il s’agit d’apprendre une langue, il n’y a qu’un pas …

Exemple : lorsque j’habitais à Palerme dans le cadre d’un stage il y a quelques années, la fille de ma famille d’accueil s’est un jour exclamée au milieu d’une phrase : « Buh! » (prononcé bou !). Intrigué, je l’ai regardée, lui ai souri et lui ai répondu que je n’avais absolument pas eu peur. Il s’agissait tout simplement d’un quiproquo à l’origine d’un beau moment de rire et de complicité : en italien, cette onomatopée est utilisée pour signifier que l’on ne sait pas quelque chose.

Et vous ? Quels leviers utilisez-vous pour progresser ? Le rôle des émotions dans l’apprentissage des langues, vous y croyez ? N’hésitez pas à réagir dans les commentaires ou par message.

Vous connaissez quelqu’un qui apprend une langue étrangère ? N’hésitez pas à lui faire parvenir cet article.

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