Escapade en Turquie : une délicieuse leçon d’histoire

Décembre 2018. Après avoir arpenté seul les rues de Naples et de Rome pendant une dizaine de jours, il était temps pour moi de monter dans le bus qui me conduirait de la gare de Termini à l’aéroport de Fiumicino, aéroport dans lequel j’avais donné rendez-vous à Eugenio, un ami avec qui je m’apprêtais à partager certaines de mes plus belles découvertes en voyage. Ensemble, nous avions déjà parcouru de nombreux kilomètres en Italie comme en France, mais il se sent désormais chez lui en Bretagne et je me sens désormais chez moi en Sicile. Cette fois, nous voulions tous les deux découvrir de nouveaux horizons, ouvrir grand les yeux et continuer à rêver.

Si je devais résumer ce voyage en une phrase, ce serait la suivante : la Turquie a été un rêve de voyage avant de devenir un voyage de rêve.

C’est à Brest, en Finistère, qu’Eugenio et moi avons commencé à rêver d’un séjour en Turquie. Il y a un peu plus d’un an, Eugenio est venu spécialement d’Italie pour rejoindre mes amis français, allemands et italiens et fêter avec moi mon 23ème anniversaire. Ensemble, nous avions exploré la ville dans laquelle je suivais des études de traduction. Par un jour de pluie, nous nous sommes réfugié aux capucins (un centre culturel situé sur les hauteurs de la ville). Sur place, nous avions rencontré un passionné de la Turquie. Nostalgique, il jouait des airs ottomans sur un oud dont la seule beauté risquait d’hypnotiser les passants. En cette froide nuit d’hiver, nous sommes restés discuter avec lui et écouter les anecdotes des quinze années durant lesquelles il avait régulièrement voyagé en Turquie. La Turquie me faisait déjà rêver depuis que j’avais commencé à lire le blog d’Alex aka lepetitexplorateur. Je retrouve en lui la même passion quand il parle de Turquie que celle qui m’anime quand je parle d’Italie. Il m’avait indéniablement donné envie d’aller voir comment se passe la vie de ce côté du Moyen-Orient, de l’autre côté de ses photos. En ressortant du centre culturel, Eugenio m’apprend qu’il s’intéresse depuis longtemps à la culture turque. J’ai donc immédiatement pensé que voyager en Turquie avec lui serait une excellente idée. Quelques mois, quelques rêves, quelques appels Skype et quelques avions plus tard, nous y étions. Nous étions enfin arrivés à Istanbul.

Istanbul – transports, quartiers, coût de la vie, spécificités de la ville. Quelques conseils :

Istanbul est une ville tentaculaire. Elle s’étend sur 5313 km2. En comparaison, Paris ne s’étend que sur 105 km2. Istanbul est donc plus grande que Paris, Berlin, Londres et New York réunies. La particularité de la ville réside dans sa situation géographique. Elle est à cheval sur deux continents (l’Europe et l’Asie). Le détroit du Bosphore relie les deux continents et il est très facile de passer d’un côté à l’autre de la ville. Le système de transports en commun est absolument remarquable. Une fois muni de votre Istanbul Kart, vous pourrez emprunter à votre guise les bus, tramways, métros et bateaux qui traversent la ville. Le côté européen (notamment la corne d’or) est la partie la plus visitée par les touristes. C’est là que se trouve la mosquée Sainte Sophie. S’il serait dommage de ne pas visiter ses nombreux monuments, je ne recommanderais pas d’y louer un appartement. Les prix y sont beaucoup plus élevés qu’ailleurs et les traditions se font discrètes derrière les étals de t-shirt « I love Istanbul ». J’aime comparer Istanbul à une mosaïque composée d’ambiances très différentes. Nos amis turcs (rencontrés via le site Couchsurfing) nous ont vivement conseillé d’aller nous perdre dans les petites rues du côté asiatique (à Kadikoy par exemple). Si le quartier de Besiktas (une pépite située du côté européen) est sans aucun doute l’exception qui confirme la règle, je ne peux que vous recommander d’aller explorer le côté asiatique de la ville. C’est là que nous avons pris le plus de plaisir à flâner, parler quelques mots de turc avec les bouquinistes, goûter d’excellents thés à la mente. Et Taksim dans tout ça ? Taksim est l’un des lieux les plus connus de l’éternelle Istanbul. Bien loin de l’univers Ottoman, ce quartier vous fera plutôt penser à un mini Timesquare. Les néons éclairent les enseignes des magasins, tout coûte plus cher. De manière générale, le coût de la vie est très bas en Turquie. La gastronomie turque saura sans aucun doute ravir les palais des plus gourmands comme des plus exigeants d’entre-vous. Je ne peux que vous conseiller de goûter à un maximum de plats et de boissons traditionnelles. Quoi de mieux pour bien commencer un voyage à Istanbul qu’un bon repas ? Je vous conseille de vous attabler en terrasse du restaurant le Durum est de vous régaler d’un succulent plat de viande garni de légumes épicés cuits au grill. Le tout en profitant d’une vue idyllique sur le Bosphore.

Quelques heures après notre arrivée, nous rencontrons Deniz, notre hôte Couchsurfing. Accompagné de son amie Gokbije, il nous fera passer une semaine absolument incroyable. Ensemble, nous avons vécu toutes sortes d’expériences. Il nous a fait visiter sa ville, de jour comme de nuit et nous a longuement parlé d’Atatürk, le fondateur de la République Turque (un personnage très controversé considéré comme un véritable héros par une très grande partie des turcs). Avec lui, nous avons pu discuter sans tabou de sujets comme la politique, l’histoire, la liberté d’expression. NB : la Turquie reste malheureusement le pays dans lequel le plus de journalistes sont détenus. Les sites internet comme Wikipedia sont bloqués dans le pays. Comme au Maroc, je me suis senti privilégié de vivre ce types d’échanges culturels grâce à la communauté Couchsurfing. En sa compagnie et celle de Gokbije, nous avons marché, parlé (anglais et turc), dansé, chanté et ri à gorge déployée. Pour notre dernier soir à Istanbul, ils nous avaient réservé une formidable surprise et nous ont emmenés dîner dans un cabaret pour profiter d’un concert de musique traditionnelle. Pour vous donner un repère économique dans le but de préparer votre voyage, cette soirée (concert + repas copieux composé de nombreux hors d’œuvre, de plusieurs plats, d’un dessert et d’un café et d’une bouteille de raki) nous a coûté en lire turque l’équivalent de 25 € par personne (dans la rue, il est possible de manger d’excellents kebabs pour 3 €).

Deniz, notre ami Turc (hôte Couchsurfing) en train de donner une leçon de Kanoun à Eugenio

Information insolite : chaque 10 novembre, à 9:05 les sirènes retentissent et le pays tout entier s’arrête pour observer une minute de silence en l’honneur de Mustafa Kemal Atatürk. Les voitures et les bus s’arrêtent dans les rues du pays comme sur les autoroutes. Les plus fervents admirateurs du fondateur de la République sortent de leur véhicule et posent une main sur leur cœur en se recueillant. Je joins un exemple en vidéo pour illustrer mes propos. Une requête Google vous permettra d’observer le même phénomène dans les gares, les aéroports, les parcs. Absolument partout.

Si vous vous rendez à Istanbul et que vous aimez lire, je vous invite à vivre une expérience pour le moins surprenante en vous rendant au musée de l’innocence.

Le musée de l’innocence présente les objets évoqués tout au long de la fiction écrite par l’auteur (prix nobel) Orhan Pamuk. Le livre décrit avec moult précision les objets exposés – objets qui agrémentent le quotidien des riches familles stambouliotes des années 1970 -. Dans ce musée organisé en chapitres (chaque niveau du musée correspondant à un chapitre dont la lecture est proposée au visiteur), le visiteur sera totalement immergé et aura presque la sensation de voyager dans le temps. Entre fiction et réalité (un flou troublant délibérément recherché), ce musée ne ressemblera à rien de ce que vous avez pu voir jusque-là. Voici les mots utilisés par l’auteur de cet ovni culturel pour décrire son travail :

Je voulais collectionner et exposer les vrais objets d’une histoire fictive dans un musée et écrire un roman basé sur ces objets

Si vous aimez l’architecture, les nombreuses mosquées (ouvertes aux visiteurs) attireront certainement votre regard.

La Turquie est un pays musulman au sein duquel vit une communauté de près de 15 millions de musulmans Alévis. Ce courant religieux est un courant de l’Islam qui diffère fortement des courants majoritaires. Hommes et femmes ne sont pas séparés (les femmes prient avec les hommes et ne sont pas tenues de porter le voile.) Les Alevis peuvent aussi boire de l’alcool.

J’évoquais, au début de l’article l’intérêt de se perdre dans les rues des quartiers moins fréquentés par les touristes (sur la rive asiatique). C’est dans cette partie de la ville que nous avons pu déambuler librement sur les marchés, goûter le café turc (très différent du café que l’on trouve partout ailleurs en Europe) et nous essayer amusés à la divination dans le marc de café. De ce côté de la ville, nous avons pu observer de nombreuses œuvres de street art et découvrir de nombreux quartiers très jeunes et alternatifs.

Il existe un autre détail qui caractérise Istanbul : la présence de nombreux chiens et chats en liberté. Cela fait souvent débat. Nos amis Turcs ont d’ailleurs tenu à connaître notre position à propos de cet élément de leur culture encadré par des lois. Si j’étais au début réticent de peur de tomber malade à leur contact, j’ai finalement été d’accord avec cette façon de faire dès que l’on m’a expliqué que tous ces animaux étaient vaccinés par la ville et numérotés. Je n’en ai jamais vu un seul aboyer. Ne soyez donc pas surpris si vous voyez des chiens marcher à vos côtés ou si vous trouvez des bols d’eau un peu partout sur le sol, même dans certaines zones moins fréquentées de la ville.

Et vous la Turquie, vous connaissez ? N’hésitez pas à partager cet article sur vos réseaux sociaux. Envie de voyager avec moi par procuration ? Envie de profiter de tous mes conseils régulièrement ? Vous pouvez vous abonner à ce blog en renseignant votre adresse e-mail en haut à droite et en cliquant sur le lien de confirmation que vous recevrez (un e-mail par mois, désinscription en un clic).

Bon voyage et à bientôt sur Traounomad

J’adresse mes remerciements les plus chaleureux à Deniz, Gokbije et Mert pour l’accueil formidable qu’ils nous ont réservé.

3 Replies to “Escapade en Turquie : une délicieuse leçon d’histoire”

  1. Merci Mael pour cette échappée à Istanbul que j’ai visitée avec grand plaisir et beaucoup de curiosité, il y a de nombreuses années. Tes photos donnent envie d’y retourner ! Je suis d’accord pour le côté asiatique, moins « touristique » mais ô combien passionnant. Entre autres, j’avais aussi visité les Iles aux Princes qui ne manquaient pas de charme.
    Bonne route pour tes futurs projets.

    Aimé par 1 personne

  2. Toujours aussi intéressant de vous lire Mael vous me donnez l’envie d y aller .
    Mon gite est actuellement occupé par une grande famille Turque de 15 personnes adorables ,et fidèle depuis des années
    toute mon Amitié sincères
    Viviane

    Aimé par 1 personne

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