Une voiture ? Des rencontres !

Pourquoi voyager en stop ?

Les belles rencontres que l’on fait en voyage sont l’une des raisons qui me poussent sans cesse à prendre mon sac et à partir autour du monde seul ou accompagné, pour quelques jours ou quelques mois.

Voyager en stop c’est donner une dimension encore plus intense à son voyage, y ajouter un soupçon supplémentaire de hasard, une pincée de bonheur, un zeste de galère ; ces ingrédients qui font du voyage bien plus qu’un déplacement, qui en font un moment de bonheur, de quiétude, de lâcher prise, de découverte. Voyager en stop ce n’est pas seulement se rendre ailleurs, c’est oser aller vers l’inconnu, avec des inconnus.

Ces clichés liés au voyage en stop

Les clichés ont la vie dure les amis 😉

NUMÉRO 1 : LES STOPPEURS SONT TOUS DES HIPPIES (ou des gens bizarres)

Lorsque l’on parle des stoppeurs, on a souvent en tête le cliché d’un hippie à l’hygiène laissant à désirer. Un drogué inconscient qui plane avec le sourire qui se remet au hasard de la vie pour l’aider à prendre le large. On imagine facilement une ado avec des dreadlock habillé d’un sarouel ou encore un trentenaire avec une guitare sur le dos.

hippie_drogue

Et non, les stoppeurs ne ressemblent pas tous à ce monsieur … vous seriez surpris de la diversité des profils de ceux/celles-ci. Sur la route, j’ai rencontré des familles qui voyageaient en stop, des cadres, des étudiants, mais aussi des couples jeunes et moins jeunes. En Roumanie, des mamies font du stop (voir cet article de Capitaine Rémi)

NUMÉRO 2 : LE STOP EST EXTRÊMEMENT DANGEREUX

Le mythe du stoppeur/conducteur psychopathe.

On a vite fait de se faire peur en tapant « fait divers auto stop » sur Google ou en lisant les romans d’Anthony Horowitz.

Oui, monter dans la voiture d’inconnus peut-être dangereux. Je suis en revanche intimement convaincu que l’on peut se passer du terme « extrêmement ». La vie est une succession d’évènements heureux et malheureux. Toute décision, toute action implique des conséquences positives et négatives. L’important est de faire la part des choses et de rester prudent. D’ailleurs, tout stoppeur expérimenté vous conseillera de refuser de monter dans une voiture si quelqu’un ou quelque chose ne vous met pas à l’aise. Prudence est mère de sureté.

NUMÉRO 3 : UNE FEMME SEULE NE DEVRAIT JAMAIS FAIRE DE STOP

Ah bon ? Ce n’est pourtant pas l’avis des stoppeuses que j’ai rencontré sur plusieurs continents, ni de celles qui racontent avec enthousiasme leurs expériences (cf fin de l’article)

NUMÉRO 4 : PLUS PERSONNE NE FAIT DE STOP AUJOURD’HUI

Alors que l’économie collaborative se porte mieux que jamais, alors qu’uber, le covoiturage tarifé (blablacar pour ne pas le citer) et les vols low-cost sont légion, alors que la SCNF propose des pass voyage illimité, qui aurait encore envie ou besoin de voyager en stop ?

Voyager en stop est souvent un choix, un style de voyage que l’on choisit pour tout ce que cela apporte sur le plan personnel. Voyager en stop c’est ajouter du piment à son voyage. On ne sait pas qui on va rencontrer mais on fini par faire de belles rencontres. On rentre dans l’intimité des gens mais on ne fait qu’y passer. S’instaure alors une relation particulière dans laquelle le conducteur ose parler sans la moindre retenue, pratiquement sûr de ne jamais revoir ce passager auquel il s’est bien souvent confié. Parfois, ce sont de véritables amitiés qui se créent. Parfois le conducteur ira jusqu’à faire un détour pour arranger son passager, il est aussi fréquent que le passager soit invité à dormir chez la famille ou les amis du conducteur avec qui il aura sympathisé.

Certes, dans certains endroits reculés (ex : certaines îles mal desservies par les bus) le stop peut aussi être le moyen de transport par défaut mais ce n’est pas forcément une mauvaise chose.

Mes plus belles rencontres en stop, ce que ça m’a apporté

J’ai voyagé trois fois en stop. La première fois, comme tout le monde, j’avais peur de sauter le pas. C’est un ami grand voyageur qui m’a encouragé. Il venait de passer plus d’un an en Asie voyageant seul ou avec des amis. De mon côté j’étais à Hanovre en Allemagne. Il a sauté dans une voiture et a traversé une partie de la France et presque toute l’Allemagne pour me rejoindre. L’amitié ne connait pas les frontières.

Lui (Bruno), n’en était pas à son coup d’essai en ce qui concerne le stop.

La magie du stop c’est aussi la spontanéité, on sait quand on part mais pas toujours quand on arrivera ni où on arrivera.

En plein hiver, Bruno est arrivé chez moi, il a salué la famille qui me logeait dans un allemand parfait et m’a incité à faire mon sac (le plus léger possible) et à me préparer pour un départ en stop vers le nord du pays, voire la Hollande ou le Danemark. Le lendemain matin, nous nous sommes postés à un feu, près d’une entrée de la quatre-voie. Notre panneau indiquait « Bremen ».

hannover_bremen_stop
ça c’était le plan …

L’attente a duré 15 minutes (nous avions parié que nous n’attendrions pas plus de 20 minutes). Pendant 15 minutes nous avons attiré l’attention des voitures. Tous les moyens sont bons pour faire rire le conducteur et lui donner envie de nous rencontrer et de nous laisser monter à bord. Histoire d’être bien sûr d’être visible de loin je suis monté sur les épaules de Bruno avec mon magnifique panneau indiquant « Bremen » d’un côté et « Bon voyage 🙂 » de l’autre (c’est notre signature, pour donner une bonne image de la communauté de stoppeurs). Petit conseil aux stoppeurs débutants : si vous utilisez un panneau, toujours écrire le nom d’une grande ville, cela évitera aux gens de se demander si ils roulent dans la direction que vous cherchez à rejoindre. Ici notre panneau indique Bremen alors que c’est à Oldenbourg que nous voulions aller).

 

 

Au bout de 15 minutes un van (voir photo ci-dessus à ma gauche) s’est arrêté pour nous ouvrir ses portes. S’engagent alors pratiquement trois heures de discussions passionnées voyage, économie, politique, études, travail un éventail du sujet aussi large que l’ouverture d’esprit de nos compagnons de route que nous remercierons en leur offrant une grande boîte de gâteaux (Schokokuss ™). Le courant passe tellement bien entre eux et nous qu’ils décident de nous déposer plus loin que prévu, dans un endroit qu’ils apprécient et qu’ils aimeraient partager avec nous ; le petit village de Dangast. Ils iront même jusqu’à nous laisser leur numéro de téléphone pour nous ramener à Hanovre deux jours plus tard.

hannover_dangast_stop
Et ça c’était la première étape effective de notre parcours
Bremen stop

Arrivés à Dangast – la famille de voyageur qui nous a pris en stop sur plusieurs centaines de kilomètres
Bruno_gutefahrt

Quand la rencontre avec l’autre débouche sur une rencontre avec la nature

Nous avons suivi les conseils éclairés de cette adorable famille de voyageurs avant de chercher une nouvelle voiture de et reprendre la route vers Oldenbourg. « Chercher » ? J’ai écrit chercher ? Pas besoin de chercher ! Une serveuse du café où nous nous reposions est amusée par notre attitude désinvolte et notre panneau indiquant Bremen (la ville où elle étudie). Elle n’a jamais pris de stoppeur avant nous mais nous propose de nous emmener jusqu’à Oldenbourg (notre destination initiale). La chance nous sourit ! Nous attendons la fin de sa journée de travail pour prendre la route avec elle. Nous répartissons les tâches, Bruno (dans un allemand parfait) entame la discussion pendant que je recherche un Couchsurfeur pour nous accueillir à Oldenbourg. Après quelques minutes passées à étudier les profils, je découvre celui de Max ; un jeune allemand engagé dans de nombreux projets. En plus d’être cultivé et curieux, Max fait partie de Jugend Rettet (voir aussi mon article sur les réfugiés en Allemagne).

Max_Couchsurfeur_Oldenbourg
Max, le Couchsurfeur qui nous a hébergé à Oldenbourg

Il est presque 17 heures lorsque nous arrivons à Oldenbourg. Max travaillait ce jour là, il nous donne rendez-vous à 23 heures ; ce qui nous laisse le temps d’aller découvrir Oldenbourg, son histoire eeeet … ses bars.

Au final, un Couchsurfeur nous invite à aller attendre chez lui et nous improvisons un concert dans son salon ! Bruno au chant, notre hôte provisoire à la guitare et moi même à la batterie.

Max s’est montré très bavard (et tant mieux), il voulait nous expliquer un maximum de choses sur la vie politique et culturelle du nord de l’Allemagne, sur son engagement auprès des réfugiés, ses amis, sa famille … c’est ce genre de moments qui restent gravés à jamais dans nos mémoires.

Le lendemain nous passons une partie de la journée avec lui avant de nous rendre sur le parking où la famille de voyageur nous avait donné rendez-vous pour le retour vers Hanovre.

Un week-end riche en émotions.

Et vous le stop ? Vous en faites ? Partagez cet article avec vos amis stoppeurs et ceux qui n’osent pas franchir le pas !

 

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Suivez les conseils et lisez les aventures de ces expert(e)s de la question :

Hommes, femmes, jeunes et moins jeunes, ils sont experts du stop, tant qu’ils le peuvent ils privilégient ce mode de transport et vous racontent pourquoi sur leur blog, dans leur livre.

Ils/elles voyagent en stop – quelques exemples :

Little Gipsy (son expérience, et ses conseils via des articles et des vidéos teintées d’humour)

 

Capitaine Rémi (ses conseils, ses interviews de stoppeurs)

 

 

Hitchwiki : le portail des experts en stop ! Trouvez ici tous les conseils pour faire du stop en toute sécurité, trouver une voiture rapidement, vous placer aux endroits stratégiques.

Le monde en stop  » cinq années à l’école de la vie » : Ludovic Hubler fait partie de ces voyageurs inspirants dont on aime croiser le chemin. Il a 24 ans (tiens donc 😄) lorsqu’il décide de découvrir le monde. S’en suivent alors cinq années d’aventure résumées dans un ouvrage devenu depuis une véritable référence.

Et vous, le stop ? Vous avez déjà essayé ? Vous avez peur ? Partagez vos expériences dans les commentaires et n’hésitez pas à partager cet article avec les voyageurs de votre entourage qui hésitent à franchir le pas et à lever de le pouce !

 


 

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4 Replies to “Une voiture ? Des rencontres !”

    1. Ravi de voir que j’ai atteint mon objectif ! L’image du stop souffre encore de gros préjugés … Depuis l’écriture de cet article j’ai encore fait de magnifiques rencontres en stop. J’ai déjà reçu plusieurs messages privés de voyageurs qui osaient à franchir le pas et qui l’ont fait après avoir lu mon article. Je suis sûr qu’ils n’ont pas regretté l’expérience.

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  1. Tu me croiras ou pas, j’ai eu d’immenses frissons tout au long de ma lecture …

    Il n’y a rien de plus extraordinaire que de se laisser porter par son instinct, par la folie des rencontres, du passé, des envies de chacune… c’est tellement intense que finalement il est tres difficile d’y mettre des mots !!!

    Aimé par 1 personne

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